Pourquoi écrire ce livre ?
Pourquoi écrire ce livre ?

Je suis née en décembre 1952 en Allemagne car mes parents s’étaient connus au Tribunal international de Rastatt, chargé de juger des crimes contre l’humanité. Mon père avait alors 23 ans et était juge suppléant. Ma mère avait 19 ans et faisait fonction d’interprète. Mon père est ensuite devenu docteur en droit et magistrat, ma mère agrégée d’allemand et universitaire. Ils donnèrent naissance à six enfants. 


Nous avons eu d’abord une vie joyeuse de famille nombreuse à Baden-Baden puis à Strasbourg. J’y ai fait des études de droit à la déception de mes professeurs qui m’imaginaient plutôt en khâgne. Mais le droit était ma vocation pour mieux comprendre le monde et, pensais-je, le changer concrètement en mieux… 

 

En 1973 la plus jeune d'entre nous fut atteinte d’un cancer osseux avec des métastases. Elle avait 13 ans. La violence de sa maladie puis sa mort furent un choc. J’ai renoncé au bénéfice de mon admission au concours d’entrée à l’ENA et suis allée étudier à l’Institut universitaire européen de Florence, havre de paix et d’harmonie.

 

Après un long doctorat en droit finalement soutenu en 1978, j’ai été reçue au concours d’agrégation des Facultés de droit en 1979, ce qui m’a ouvert le superbe métier de professeur des universités et donné un sésame pour la liberté. 

 

Un mariage en 1981 avec Henri Rossi, éducateur spécialisé, a précédé la poursuite de ses études de lettres. Il est devenu lui-même universitaire, mais nos chemins s’étaient écartés. 

 

Après avoir enseigné à Lyon puis à Strasbourg, je suis entrée à Air France en 1986 et y suis restée jusqu’en 1993 comme directrice des affaires juridiques. Aussi souvent que possible, je volais vers de nouveaux lieux sur un continent ou un autre. 

 

L’ Université restait pourtant mon univers d'élection. J’ai retrouvé les étudiants en 1993 à l’université Paris-Dauphine puis à partir de 1997 à l’université Paris Panthéon-Assas. J’ai profondément aimé la magnifique mission, poursuivie pendant plusieurs décennies, de réfléchir et de transmettre, du droit administratif au droit de l’économie, en passant par les libertés fondamentales enseignées plusieurs années tant en licence qu’en dernière année de master. 

 

Membre d’institutions indépendantes, je m’y suis fortement impliquée : au Conseil supérieur de la magistrature de 2011 à 2015, où le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, m’avait nommée, puis à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes de 2015 à 2019, où j’ai été nommée par son successeur à la présidence de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. 

 

J’ai aussi présidé le jury du concours d’agrégation de droit public 2019-2020, qui fut d’autant plus long qu'il a été perturbé par la pandémie mais y a résisté. 

 

Devenir professeure émérite de l’université Paris Panthéon-Assas m’a enfin offert du temps pour des travaux sur la fin de vie dans toutes ses dimensions.

 

 

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Les hasards de la vie ont voulu que je sois confrontée tôt, puis souvent, à la mort d’autrui, parfois après de longues maladies neurodégénératives. Je me suis ainsi souciée depuis longtemps de la possibilité qui pourrait être donnée de choisir parfois de mourir paisiblement, lorsque la vie n’est plus que souffrance et que les traitements ne peuvent plus la soulager.

Le livre issu de mes recherches approfondies sur ce qui a été réalisé à cet égard dans le monde doit aussi beaucoup, sur un plan éthique, à mes échanges informels déjà anciens avec ma cousine Pearl Lombard-Golzman, médecin et psychanalyste. Ma sérénité se nourrit enfin de l’énergie solaire de mon entourage, que je remercie. 

 

Mes prochains travaux continueront à porter notamment sur le grand âge et sur ce qui doit être réalisé pour rendre la société plus à l’écoute de ceux qui souffrent, dans la diversité de leurs attentes, plus respectueuse à l'égard des personnes âgées sans jamais les exclure.

 

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